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Inser’Éco93 vous souhaite une bonne année !

Les administrateurs et l’équipe d’Inser’Éco93 vous souhaitent une excellente année 2016. Que cette nouvelle année soit riche pour le secteur de l’Insertion par l’Activité Économique !

Pour notre premier édito 2016, nous vous proposons de découvrir les chantiers d’Etudes et Chantiers Ile-de-France, à travers un entretien avec Marion GEORGES, coordinatrice de chantiers d’insertion pour Études et Chantiers Île-de-France.

Avant que nous nous intéressions particulièrement aux chantiers d’insertion de Seine-Saint-Denis, pouvez-vous nous faire une présentation rapide d’Études et Chantiers ?
Études et Chantiers est une association issue directement des mouvements d’éducation populaire et s’est développée suivant les principes d’une pédagogie active. En prenant de l’importance, l’association s’est scindée les années 80 en plusieurs associations locales. Ces associations se sont regroupées dans l’Union nationale des associations régionales Études et Chantiers (UNAREC) dont Études et chantiers Île-de-France fait partie.
Etudes et Chantiers Île-de-France est donc une association d’éducation populaire qui s’inscrit dans la pédagogie active des chantiers écoles. Depuis 2001, l’association œuvre dans différents domaines :
- L’accueil et l’envoi de jeunes (14 à 30 ans) sur des chantiers internationaux.
- L’accueil et l’envoi de jeunes (18 à 26ans) en Service Volontaire Européen pour des périodes de 2 à 12 mois.
- La mise au travail de jeunes et d’adultes dans le cadre d’actions d’Insertion par l’activité économique (Insertion socioprofessionnelle).
- L’animation de projets associant jeunes et adultes dans les communes rurales et dans les quartiers de la politique de la ville.

Nous développons des chantiers sous différentes forme : bénévoles, volontaires, école de formation et d’insertion. Actuellement en Île-de-France, le volontariat représente moins de 10%. Les 90 % restant se portent sur l’Insertion par l’Activité Économique. A l’échelle de la Région Île-de-France nous avons 14 chantiers d’insertion :
- 7 dans le sud principalement dans l’Essonne.
- 7 dans la zone que nous appelons Paris Petite Couronne (PPC) qui réunit les départements des Hauts de Seine et de la Seine-Saint-Denis ainsi que la ville de Paris. Sur les 7 chantiers que nous avons dans la PPC, 3 se situent en Seine-Saint-Denis.

Comment est organisée votre association ?
Nous avons un poste de délégué régional et un poste de direction sur chacune des deux zones géographiques. Il y a également un poste de coordination spécifique aux chantiers d’insertion. En l’occurrence, je me charge de la coordination de la zone Paris Petite Couronne.

L’organisation de nos chantiers se décline pratiquement sur le même modèle. Les chantiers sont systématiquement pilotés par un binôme : un poste d’encadrement technique à temps plein sur un chantier et un poste d’accompagnement socio-professionnel à mi-temps sur deux chantiers.

Quel est le premier chantier que vous avez monté en Seine-Saint-Denis ?
Sur la Seine-Saint-Denis, le chantier historique depuis 7 ans se situe sur le Parc de la Poudrerie à Sevran. Initialement le bailleur était l’Agence des espaces verts d’Île-de-France. Un transfert de compétence a fait du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis notre interlocuteur privilégié.

C’est donc un chantier dédié aux espaces verts. Vous vous chargez de l’entretien de tout le parc ?
L’action va au-delà de l’entretien d’espaces verts : nous entretenons également les fermes et les écuries, nous nous chargeons de la répartition et de l’entretien des mobiliers du parc, nous pilotons également la signalisation…
Pour l’entretien des fermes, notre travail consiste tout autant à nourrir les animaux qu’à réparer les structures. Thierry, l’encadrant technique du chantier, a coutume de dire que nous sommes en quelque sorte le couteau suisse du Parc de la Poudrerie.

Quelles sont les spécificités de ce chantier ?
C’est un chantier de 12 salariés. Il est préqualifiant et prépare au CAP agricole « Travaux paysagers ». C’est un chantier qui fonctionne en entrée / sortie permanente. Nous faisons en sorte de nous caler sur le planning des formations pour que les personnes puissent suivre les modules. Au cours de cette formation, les salariés préparent 2 Unités Capitalisables (UC) les plus recherchées sur le marché de l’emploi : l’une axée sur la sécurité et l’autre axée sur les techniques d’entretien des espaces verts.
Ainsi, même en n’obtenant que ces deux UC, les salariés sont prêts à être embauchés en entreprise.

Il faut noter que nous accompagnons tout type de projet professionnel sans nous focaliser uniquement sur les personnes qui se destinent au milieu de la gestion des espaces verts.

Quels sont les critères de sélection pour ce chantier ?
Comme tous nos chantiers, celui de la Poudrerie est destiné en priorité au public le plus éloigné de l’emploi : les trois quarts des personnes que nous accompagnons n’ont pas le niveau d’un CAP. Cette politique s’applique à tous les chantiers de l’association et le critère de recrutement est tout simplement la motivation à reprendre une activité.

Je voudrais ajouter à propos du chantier du Parc de la Poudrerie, comme pour d’autres de nos chantiers, que nous menons ce que l’on appelle des « chantiers connexes » en plus des chantiers principaux pour lesquels nous sommes conventionnés. C’est grâce à ces « chantiers connexes » que nous parvenons à équilibrer certains budgets.

Quelle est la nature de ces « chantiers connexes » ?
Nous avons deux « chantiers connexes » sur la Poudrerie qui se renouvellent depuis quelques années.
Un de ces chantiers est contracté avec la ville de Coubron et consiste en l’entretien et l’aménagement du bois de Bernouille : c’est un site classé Natura 2000 et fermé au public sauf dans le cadre de visite de groupes. Nous intervenons à des moments spécifiques de l’année pour veiller au maintien et à l’équilibre de sa biodiversité particulière. Ainsi nous agissons pour préserver l’écosystème en l’état. Par exemple nous veillons à ce que les mares soient bien dégagées pour les batraciens ; il existe également une lande acide très sensible que nous surveillons particulièrement et entretenons avec précaution. Nous intervenons également en gestion différenciées : nous laissons certains espaces se développer librement.

Le deuxième chantier connexe est un chantier pour la ville de Bobigny sur la gestion de l’ancienne gare de déportation : c’est une gestion d’espaces verts également différenciée. C’est un beau support de par le lieu et le symbolisme du site. Mais ce chantier ne se maintiendra peut-être pas dans les années à venir.

Et vous avez ouvert dernièrement deux nouveaux chantiers !
Effectivement. Le premier, ouvert début avril, s’appelle Bicyclo - La Maison du Vélo de Plaine Commune, il est situé dans la ville de Saint-Denis. Ce chantier s’est développé dans le cadre d’un appel à projet lancé par la communauté d’agglomération de Plaine Commune. Plaine Commune désirait développer des projets liés au vélo pour sensibiliser la population à ce mode de déplacement alternatif et aux questions de sécurité. Nous avions déjà un chantier dédié à la mécanique du vélo sur la ville de Clichy et, forts de cette expérience, nous avons décroché l’appel à projet en partenariat avec d’autres associations.

Avec d’autres associations ?
Oui, la Maison du Vélo est un collectif. Études et Chantiers Île-de-France porte le projet mais les activités du chantier sont assumées par plusieurs associations en fonction de leurs activités : l’AICV (Animation Insertion Culture Vélo) est partenaires ainsi que Vélorution et d’autres. Nous sommes encore dans une phase d’ajustement pour que chaque structure partenaire trouve sa place dans le projet.

Ce chantier vélo s’inscrit dans le cadre plus vaste de votre projet « SoliCycle » ?
« SoliCycle » est une marque déposée par Étude et Chantiers Île-de-France. Nous comptons développer nos chantiers vélo d’où l’idée de déposer une marque pour identifier clairement notre action. Nous venons d’ailleurs de décrocher un appel à projet ESS pour créer un atelier vélo Porte de Vanves dans le 14e arrondissement de Paris. Ce sera un chantier « SoliCycle » et le premier chantier dans Paris. « SoliCycle » est le projet fer de lance de l’association que nous tenons absolument à développer !

Et le projet Bicyclaide ?
Biclyclaide existe toujours mais a évolué. Initialement, une association Porte de Clichy nous a contactés pour créer un atelier d’insertion. Nous avons mis à disposition une chargées de projet pour faire une étude de faisabilité de l’atelier. Elle est ensuite devenue coordinatrice de l’atelier vélo qui s’est alors appelé Bicyclaide. Progressivement Bicyclaide s’est éloigné du champ de l’insertion et tout naturellement s’est séparé d’Études et Chantiers. Il a fallu changer de nom pour qu’ils puissent poursuivre leur activité.
Aujourd’hui, Bicyclaide a créé une SCOP (Sociétés coopératives et participatives) à vocation commerciale sur de la réparation, du recyclage et de la vente de vélo. Mais c’est de la prestation à la différence de la Maison du Vélo : nous ne facturons pas nos réparations alors que Bicyclaide est maintenant dans un modèle coopératif et commercial. Nous maintenons des liens forts avec Bicyclaide : l’étude de faisabilité de la création de la SCOP a été portée par Études et Chantiers et il y a un emploi mutualisé sur la prospection et le développement commercial entre nos deux structures. Il existe encore une petite confusion pour nos partenaires en raison du changement de nom mais rapidement « SoliCycle » s’imposera pour tous nos ateliers d’insertion dédiés au vélo.

Revenons à La Maison du Vélo : quelle est votre ambition ?
C’est clairement de créer de l’emploi et d’accompagner des personnes qui en sont éloignées. Les actions du chantier sont la récupération et le recyclage de vélos, l’autoréparation et la vente de vélos ou de pièces d’occasion aux adhérents.
C’est un atelier qui est ouvert aux habitants de Saint-Denis ainsi qu’à toutes personnes voulant réparer ou juste entretenir un vélo. Il suffit d’adhérer et on peut venir pendant un an autant de fois qu’on veut réparer son vélo et surtout apprendre et se faire aider.

Comment se compose l’équipe de La Maison du Vélo ?
La Maison du Vélo est un chantier qui concerne 8 salariés. Nous augmenterons certainement notre demande de poste l’année prochaine. Les salariés travaillent sur les gestes de base de la mécanique du cycle, des techniques très simples. Il n’y a pas besoin de s’y connaitre pour intégrer le chantier. Il faut également trier des pièces et accueillir le public. Enfin les salariés en parcours d’insertion assurent des animations.

Où se trouve le chantier ?
Nous sommes situés Place du Marché à Saint-Denis : c’est central, le long des voix du tramway. Le bâtiment est un ancien café avec une énorme vitrine qui donne sur la rue. Cette visibilité a entrainé beaucoup de demande et dès l’ouverture une forte activité pour les salariés. La proximité de logements sociaux est complètement en accord avec notre projet de créer un lieu convivial d’animation local et de renforcement du lien social.

Et il reste donc un dernier chantier en Seine-Saint-Denis…
Effectivement, sur la ville de Bondy. Nous avons ouvert mi-mai un chantier qualifiant « Peinture » avec I3F (bailleur d’habitat social) pour une durée de 12 mois.
C’est un chantier ponctuel monté dans le cadre de la réhabilitation du quartier de Terre-Saint-Blaise. Il concerne 12 salariés et consiste en une remise en peinture avec action décorative de fresques à créer sur 25 halls d’immeuble.
La formation est qualifiante : les salariés préparent un titre professionnel de « peintre en décors » équivalent au CAP. Notre organisme de formation est Urban Déco Concept (note : une structure également adhérente d’Inser’Éco93). Le volume horaire de formation est de 420 heures sur l’année avec un rythme qui alterne 2 semaines sur le chantier et 2 semaines en formation.

Et ou se passe la formation ?
Elle se passe sur le Campus Des Métiers à Bobigny et sur le chantier. Pour cette formation nous avons choisi un petit volet qualitatif en décoration ce qui a permis de toucher un public féminin.

Comment vous est venue l’idée ?
Pour ce chantier, c’est le bailleur I3F qui nous a sollicités. Nous étions déjà intervenus dans leur parc de logement. Ils ont souhaité développer leurs actions en direction de l’insertion avec un format long et professionnalisant. Tout naturellement, nous avons monté le chantier ensemble.

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